En ce matin du mois d'août, il fait chaud sur les plages mentonnaises. Les clients des établissements privés se prélassent au soleil, les baigneurs testent la température de l'eau et entre deux matelas, les vendeurs à la sauvette sont à l'affût.
Paréos, bikinis, beignets ou... massages thaïlandais, les estivants n'ont qu'un petit signe à faire, pour que les marchands ambulants rappliquent. Rien que du bonheur pour les touristes, beaucoup de commerce illégal pour la police !
Entorse aux règlements
Plagistes comme clients ferment les yeux devant ces vendeurs ambulants qui font quelques entorses aux règles. Pourtant sont-ils nombreux à détenir la carte professionnelle des commerçants. Le fameux sésame qui leur ouvrirait la voie publique ou les plages, en toute légalité ?
Christophe Fanciulli, président des plagistes, reconnaît avoir déjà vu sur les plages un homme proposant des massages à des estivants. « Les plagistes ne peuvent pas leur faire la chasse, cela n'est pas de notre ressort. De plus, ils ne font pas vraiment d'ombre à nos commerces. Il n'est pas question de concurrence déloyale. » Les mots du président ne semblent pas mettre tout le monde d'accord. Pour certains commerçants, la vente à la sauvette devrait subir un contrôle plus drastique, afin de mettre tout le monde sur un même pied d'égalité.
Un maillot ou un massage...
Comme tous les matins de la saison, le masseur asiatique investit les plages à la recherche de clients potentiels. Trente minutes de détente et de massage pour la bagatelle de 10 euros et les clients s'enchaînent... Plus la peine pour ce « spécialiste » de massages thaïlandais d'exhiber sa petite pancarte publicitaire, désormais il est connu des belles plages mentonnaises et les clients apprécient sa prestation. Il vient tout juste d'abandonner le dos d'une touriste italienne, qu'une nouvelle cliente lui fait signe de venir s'occuper d'elle. « C'est très agréable et pas cher du tout donc j'en profite » confie l'une d'entre elles.
Deux établissements plus loin, deux grands sacs noirs sont posés sur le sable, une femme défile au bord de l'eau, c'est elle... la vendeuse de maillots. « De beaux modèles pour des petits prix », tel est le slogan préféré de cette vendeuse qui exerce sur les plages de la Riviera française. Essayage, bagout et l'affaire est conclue...
Une affaire intéressante pour les touristes mais beaucoup plus coûteuse pour le vendeur qui se ferait prendre la main dans le sac ! La loi est ainsi faite, pour travailler sur les plages sans contourner les règles, il faut d'abord montrer carte... blanche. Le masseur l'a compris et préfère abandonner momentanément sa cliente, le temps que la presse s'en aille et que la touriste en redemande.