Anthony Zimmer
Résumé
Sortie en salle le 27 avril 2005
Réalisé par Jérôme Salle
Casting Sophie Marceau, Yvan Attal, Sami Frey
Genre Divers (Aucune)
Durée 1 heure 30 minutes
Sophie Marceau joue les vamps. Yvan Attal n'en peut mais
Anthony Zimmer, criminel recherché par toutes les polices du monde, demande à sa compagne de brouiller les pistes en séduisant un inconnu qu'elle fera passer pour lui. Première étape d'une machination machiavélique ...
Rêvons un peu. On est seul dans un compartiment de TGV en partance pour une Côte d'Azur de tous les possibles. Débarque une sublime créature qui lève ses lunettes de soleil pour toiser l'horizon. Et c'est en face de vous qu'elle vient s'asseoir.
Opération séduction en règle, par une vamp qui a de la ressource et de l'imprévu dans le tempérament. La voilà qui vous ferme au nez la porte de la suite du palace cannois où elle vous a convié : «Regardez-vous , lâchera-t-elle par la suite. Qu'est-ce que vous croyez, que j'ai eu le coup de foudre?»
Ces choses-là n'arrivent qu'au cinéma, c'est bien connu. Mais le brave François veut quand même y croire, et il n'est pas au bout de ses bonnes et mauvaises surprises. Son métier de traducteur ne lui est d'aucun secours pour comprendre le brutal scénario dans lequel il est embarqué, une cavale amoureuse entre mafia russe et police des douanes sur cette Riviera riche de traquenards.
Vous pourrez toujours refaire le film à la sortie de la salle. Pour chipoter sur telle invraisemblance ou pinailler sur telle incohérence. Et même vous persuader que cette histoire ne tient pas debout. Rien de grave, parce que sur le moment, vous vous serez laissé prendre. Dans cette histoire de manipulation, le spectateur est le premier visé, victime pour son plaisir d'une machination habilement ficelée par un débutant cinéaste qui ne manque pas de culot.
Jérôme Salle joue avec tous les codes et clichés du thriller. C'est assez rare dans le cinéma hexagonal qui a plutôt laissé cette spécialité à son homologue américain. Et on ne manquera pas de voir rôder des fantômes hitchcockiens dans un intrigant suspense écartelé entre fausses pistes et brusques rebondissements. Mais il se sort bien des encombrantes références qu'il a lui-même sollicitées, grâce au montage efficace d'une mise en scène rythmée.
Surtout, il a eu la main heureuse dans la composition de son couple. À la fois fataliste, incrédule et révolté, Yvan Attal est épatant dans la composition du benêt anonyme. Et comment ne se laisserait-il pas embarquer par une Sophie Marceau irrésistible en femme fatale ? Digne héritière d'une longue tradition hollywoodienne, elle papillonne autour de nos fantasmes, pour nous vampiriser de désir et de plaisir.











